Sangles et Tenues de l'écu au début du XIIIe siècle

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Sangles et Tenues de l'écu au début du XIIIe siècle

Message par himon le Mar 25 Avr - 14:21



Sangles et Tenues de l'écu au début du XIIIe siècle
Par Nathanaël et Jonathan


Préface


Lorsque Nathanaël Dos Reis m’a demandé de faire une préface à son article sur les écus que lui et les membres de son association avaient reconstitués, j’ai d’abord été honoré : j’acceptais avec plaisir. C’était une erreur ! Une préface n’est pas un exercice facile et elle tire trop souvent à l’auto-congratulation des uns ou des autres. Pourtant, il ne m’apparaît pas entièrement malhonnête ici de rappeler que la démarche entreprise par l’association De Gueules et d’Argent se rattache à une recherche plus vaste, visant à redécouvrir le combat féodal. Puissent les lecteurs me pardonner les allusions qu’ils jugeront trop personnelles. J’ai essayé de mettre en avant la discipline, au-delà des recherches conduites dans le cadre de ma thèse de doctorat…
 
La redécouverte du combat féodal est une problématique complexe. D’ailleurs, le simple terme de « féodal », qui définit ici un ensemble vaste de formes d’affrontement, appellerait un commentaire plus conséquent. Convenons ici qu’il s’agit de l’Occident des XIe-XIIIe siècles… Cette complexité amène à se focaliser préalablement sur les constantes du matériel et des positions d’une époque étendue d’à peu près trois cent ans. En effet, comment envisager d’étudier le geste d’une source ou d’une période précise sans envisager sa tradition de représentation ? Pourquoi, à un moment où il n’y a pas encore de documents techniques sur le geste martial (les livres d’armes n’apparaissant qu’au XIVe siècle, pour ceux qui nous sont parvenus), ne pas exploiter l’ensemble du corpus pour mieux percevoir les mécaniques générales du combat à l’épée et à l’écu ? 
 
Pourtant, cette approche n’est pas sans risque, notamment pour appréhender les caractères évolutifs ou les particularités géographiques. Mais, malgré toutes les limites qu’elle pouvait susciter, c’est celle que j’ai choisi il y a plus de dix ans : à ce moment-là, les AMHE n’étaient qu’à leur balbutiement et l’on n’envisageait pas encore de logique martiale pour les XIe-XIIIe siècles. Les plus anciens s’en souviendront ; et les plus jeunes diront qu’on a fait n’importe quoi ! Ils n’auront peut-être pas tort…
 
Les membres de l’association De Gueules et d’Argent sont de ces jeunes reconstituteurs, quoiqu’ils ne m’aient jamais dit que je m’égarais. Ce sont des gens polis ! Nous nous sommes rencontrés pour la première fois en 2014 (pour le huitième centenaire de la bataille de Bouvines) et ils m’ont questionné peu après – fort courtoisement, chevalerie oblige – sur l’écu à l’époque qu’ils reconstituaient fort précisément (la génération au tournant des XIIe-XIIIe siècles). Parallèlement, à ce moment-là, je commençais à toucher aux limites de l’approche généraliste : j’avais pu définir suffisamment de constantes pour voir apparaître un système d’affrontement relativement cohérent. Leur volonté de reproduire le matériel à une date particulière, tout en poursuivant leur formation martiale au cours de stages que je conduisais, s’est donc avérée être une aubaine pour amener à une meilleure compréhension des mécaniques du bouclier féodal et de son évolution. 
 
Leur travail a été conduit de façon autonome et avec un sérieux exemplaire. À la lecture de leur article, je constate avec plaisir combien ils ont, non seulement, atteint leur objectif de mieux comprendre le matériel du combattant entre 1175 et 1230, mais qu’ils l’ont de surcroit dépassé ! Les échanges que nous avons eus régulièrement, tant sur les stages que par correspondances, permettent de rattacher leur approche à la compréhension de l’ensemble des combats de l’époque féodale. Au-delà de cette problématique qui m’intéresse particulièrement, c’est leur sens du partage – dont vous pourrez mesurer concrètement la portée par le texte ci-dessous –, qui est à souligner. Elle permet de faire avancer la connaissance de la passion de nombreux médiévistes ! 
 
Merci à vous, membres de De Gueules et d’Argent pour cela. J’espère que vos lecteurs aimeront ce texte et en apprécieront les apports autant que moi. 
 
Bonne lecture à tous !
GILLES MARTINEZ
 
https://www.degueulesetdargent.fr



Memento mori , Memento audere semper

LA CRITIQUE EST UN PROGRES, elle est nécessaire et constructive , l'ignorer est une bêtise et se retenir de la faire dommageable lorsqu'elle est fondée
avatar
himon

Messages : 1026
Date d'inscription : 03/10/2011
Age : 42
Localisation : dans le castel

http://lespiliersducastel.forumactif.fr

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum